Insolation artistique

Publié le par Quelles Nouvelles ?


Je suis en ébullition depuis ma visite au musée d'art moderne de Céret.

La chaleur n'est pas seule en cause.

Je suis tombée raide d'insolation devant les oeuvres du catalan Antoni Tàpies.












Le bocal
1980, peinture et vernis sur papier, 63 x 89,5 cm, Coll. Mam Céret


" Né à Barcelone en 1923, Antoni Tàpies manifeste son intérêt pour la peinture et le dessin dès l'adolescence. Il restera profondément marqué par la guerre civile. À partir de 1945 dans un esprit néodadaïste alternant abstraction et primitivisme, il travaille des matériaux différents. Deux ans plus tard il participe à la création de la revue « Dau al Set » et s'intéresse à la peinture surréaliste. Son amitié avec Joan Brossa date de cette époque où il fait également la connaissance de Joan Miró dont la catalanité est pour lui exemplaire.


Depuis les années cinquante, il explore une matérialité originale et variée : latex, émulsions, goudrons en larges couches, huiles, marbres et pigments en poudre, résines, eaux-fortes au sucre et carborundum. Ses expérimentations matérielles et techniques donnent à la gamme des couleurs une formidable variété de nuances et de textures. Les couches de pâtes sont tantôt lisses ou rugueuses, plissent la surface, épaisses ou légèrement griffées, lacérées.


Ces jeux d'oppositions constituent un vocabulaire minimal mais fortement expressif qui témoigne de la grande fascination de Tàpies pour la matière. Chaque surface est retravaillée par toute une série de marquages, d'inscriptions qui donnent un rythme à l'oeuvre. Dans l'épaisseur de cette matière s'inscrivent des signes qui sont les véhicules essentiels de sa démarche : triangles, cercles, croix, lettres et chiffres, parties du corps.


Chaque oeuvre semble avoir conservé les traces du passage de l'homme et du temps, d'évènements plus ou moins violents, plus ou moins éphémères. Le tableau, fragment du monde, témoigne. Qu'il soit de référence symbolique - lettres et croix - ou quotidienne - empreintes et objets -, chaque élément apporte son « affect » à la surface et interpelle celui du spectateur. Antoni Tàpies nous entraîne dans des mondes divers : celui de la protestation, des graffitis urbains, de l'ordonnancement de la matière, mystique, méditatif. Trois mondes : socio-politique, esthétique et métaphysique, qui définissent l¹univers du peintre. "

Source : musée d'art moderne de Céret

Publié dans Humeurs

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