La route

Publié le par Quelles Nouvelles ?





La route, Cormac McCarthy, Éditions de l'Olivier
Somptueusement traduit de l'anglais (États-Unis) par François Hirsch





On ne devrait lire que les livres qui nous piquent et nous mordent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d'un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ?

Franz Kafka


Il est des livres qui vous assomment...

D'autres qui vous font l'effet d'une gifle.
Qui vous coupent le souffle, vous mettent le rouge aux joues et vous laissent pantelant.

La route de Cormac McCarthy est de ceux-là.


Paysage de fin du monde. À perte de vue, tout n'est que froid, cendres et désolation. Un homme et son petit garçon poussent un caddie sur une route. Dedans, leurs maigres possessions.

Tout espoir semble mort, calciné avec la terre noire qu'ils foulent, englouti par la nuit sans fin qui s'étend au-dessus d'eux, pourtant ils continuent d'avancer. Dénués de tout, usés jusqu'à la corde, mais riches, riches de l'amour absolu que le père porte à son fils, de la confiance aveugle que le fils voue à son père.

Un récit d'une beauté âpre, porté par une langue aussi dépouillée que les étendues qu'ils traversent.

Un phrasé aussi lancinant que la peur et la faim, inséparables compagnes de voyage de deux êtres qui marchent parce qu'il n'y a rien d'autre à faire, parce que s'arrêter au bord de la route, c'est renoncer, s'abandonner à la mort qui imprime sa marque sur toute chose.

Un roman obsédant. Et nécessaire.

Publié dans Bonnes nouvelles !

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