Oui, mais après ?

Publié le par Quelles Nouvelles ?


Voici une suite possible…


Pour des raisons de cohérence et d’harmonie, j’ai dû tricher un peu en transposant dans le passé ce morceau choisi du Journal de Franz Kafka (les auxiliaires et verbes affectés sont entre crochets).


On lui [avait] sectionné sur la nuque un morceau de crâne affectant la forme d'un quadrilatère. Avec le soleil, tout le monde [regardait] à l'intérieur. Cela le [rendait] nerveux, distrait dans son travail et il [s'exaspérait] d'être lui-même exclu du spectacle.


Cette lucarne ouverte sur son intimité, sans possibilité de tirer les rideaux, devenait gênante. Les voyeurs venaient s’y rincer l’œil, les poètes y puiser l’inspiration ; les bossus se consolaient en se disant que, décidément, mieux valait en avoir trop que pas assez. La gibbosité était plus catholique que la cavité, plus consensuelle en tout cas.


Lorsqu’il rentrait chez lui après avoir éclusé tant et plus, prétendant avoir été retenu au bureau par un dossier urgent, il suffisait que sa femme jette un coup d’œil dans son crâne pour savoir s’il mentait.


Il finit par se faire poser des jalousies. Il ne supportait plus qu’on lise par-dessus son épaule.

Publié dans Dans mes tiroirs

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Léonard du soir, bonsoir 11/08/2008 20:28

Peut-être aussi craignait-il que sa seconde personnalité ne lui échappe ?

Quelles Nouvelles ? 12/08/2008 11:04


Intéressant...

Mais vous me faites peur avec votre histoire de double personnalité.
Vous n'avez QUE deux personnalités, vous ?