L'ère des robots

Publié le par Quelles Nouvelles ?

Me voici de retour de ma petite virée hebdomadaire chez Emmaüs.

Dans ma musette, l'Ère des Robots, un essai publié par Albert Ducrocq en 1953. Détail insolite, son ancien propriétaire l'avait recouvert (lui permettant ainsi de conserver son teint de jeune fille), mais ne l'a manifestement pas lu : il n'a pas pris la peine d'en découper les pages.

Le feuilleter aujourd'hui, c'est se rappeler - si besoin est - que la frontière entre science et science-fiction est décidément bien mince.

Dans le chapitre consacré à l’imagination artificielle, Albert Ducrocq vante les mérites d'une machine révolutionnaire, baptisée Calliope.

« Extérieurement, Calliope se présente comme une petite caisse semblable à un appareil de radio, à la partie supérieure de laquelle se trouvent les deux ampoules-témoins, avec une prise pour l’enregistrement, et cette machine est bien capable de "soliloquer" indéfiniment en langage binaire. »

Parmi les nombreux talents de Calliope, celui de "poète électronique".

« Au demeurant, voici quelques-uns des "poèmes" qui ont été élaborés par Calliope, l’expérience nous ayant appris qu’un texte sur quatre environ est admissible. »

La victoire sera ardue. Une mince couche de neige très étendue a couvert le champ de blé blanc rendu vigoureux : la mine sacrée gît en dessous. La côte monte à l’assaut de la vérité ; ses dessins variés forment une chaîne qui brille malgré son poison, tandis que l’aride divagation des mois et des ans a donné au buis la vigueur du vieil arbre. Un œillet battu par le temps est le seul ornement de ce décor sombre qui survit dans la modeste demeure rustique où l’on voit une chaise délabrée, couverte de suie. La vallée est tout entière éclairée par la lueur orange de l’année…

La source jaillit dont les flots verrouilleront à jamais le passé. L’aubépine a remplacé le perce-neige et voici l’heure violette où l’on entend que la grenouille va piétiner le nénuphar. La facture du passé est là, qui s’augmente chaque jour. L’humble martinet veut habiter le fier lama. Et devant eux, le gamin cache sa souffrance de la vie en s’enivrant de son avenir…

Le nid se balance pour connaître la fleur qui le porte. Il aperçoit une voie qui s’obstrue. Un paysan est là qui erre en pensant au poignard interdit qui gisait sur le marbre : cet homme a décidé de supprimer le décor soyeux qui le protège…

L’Ère des Robots, Albert Ducrocq, Julliard, 1953

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Demain, si vous êtes bien sages, je vous raconterai comment Calliope peut venir en aide au pauvre romancier en mal d'idées. Et écrire, toute seule comme une grande, des textes "à la manière de"...

Publié dans Bonnes nouvelles !

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Sabine 28/08/2008 16:55

@Daniel#2. Fort possible (mon frère m'a dit que le sieur Ducrocq avait longtemps officié sur Europe1, où il animait une chronique ou une émission scientifique). Si jamais ton prof a égaré ou abîmé son bouquin, je suis à peu près sûre qu'il peut le retrouver à Emmaüs...

Sabine 28/08/2008 16:52

@Daniel#1. V'là aut' chose ! Taguée deux fois en deux jours. Et pas les mêmes tags, en plus. C'est une conspiration, ou bien ?

Daniel Fattore 27/08/2008 22:24

Et ce Ducrocq n'est-il pas l'auteur d'un génial "Les éléments au pouvoir", décrivant un à un les éléments du tableau de Mendeleiev, du point de vue chimique, mais aussi et surtout historique? C'est fort instructif, mais ce livre, exercice réussi de vulgarisation, est désormais introuvable. En 1992 déjà, mon vieux prof de chimie y tenait comme à la prunelle de ses yeux.

Daniel Fattore 27/08/2008 22:21

Rien à voir, mais je t'ai taguée!

C'est ici que ça se passe:

http://fattorius.over-blog.com/article-22296844.html

Bon courage!