Voleur de feu

Publié le par Quelles Nouvelles ?

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Donc le poète est vraiment voleur de feu.

Il est chargé de l’humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions ; si ce qu’il rapporte de là-bas a forme, il donne forme : si c’est informe, il donne de l’informe. Trouver une langue ;

— Du reste, toute parole étant idée, le temps d’un langage universel viendra ! Il faut être académicien, — plus mort qu’un fossile, — pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit. Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l’alphabet, qui pourraient vite ruer dans la folie ! —

Cette langue sera de l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d’inconnu s’éveillant en son temps dans l’âme universelle : il donnerait plus — que la formule de sa pensée, que la notation de sa marche au Progrès ! Énormité devenant norme, absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès !

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Extrait de la "Lettre du voyant" envoyée par Arthur Rimbaud à Paul Demeny, le 15 mai 1871.

Rimbaud a 17 ans.
On n'est pas sérieux quand on a 17 ans.

Le document autographe peut être caressé - du regard - au Musée Rimbaud de Charleville.

Publié dans Bonnes nouvelles !

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Sabine 01/10/2008 23:12

Un jardin de curé, de presbytère pour moi.

Un lilas, associé pour toujours à mon anniversaire et au joli mois de mai, mon mois préféré.

Ou une fleur des champs.

laurent 01/10/2008 22:38

Parce qu'ici comme ailleurs, la solitude n'est pas une fleur cultivée.Une fleur de jardin.