Dimanche 21 février 2010
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Publié dans : Humeurs
Votre question m'a plongé dans un puits, dans un trou, dans un embarras dans lequel je n'étais pas tombé depuis de nombreuses années. Voici plusieurs réponses.
Mon amour pour la vie est hésitant ; j'écris donc pour assurer ma survie. J'essaie de bien écrire pour qu'on ne me surprenne pas à raconter des conneries comme un politicien. Au vieux proverbe :
Manger ou mourir, j'ajoute Manger et écrire ou mourir. Après avoir écrit, je lis souvent Brillat-Savarin, ou des livres de cuisine aux toilettes. Puis, j'essaie de cuisiner aussi
bien que j'espère écrire. Après un somme, j'écris à nouveau, à la façon d'un plongeur souterrain qui nage dans le sol pour comprendre les racines et les radicelles des arbres. Je m'enracine aux
processus cycliques de la vie afin de ne pas gaspiller ma vie à des bêtises. Je chasse et je pêche parce que ça m'aide à écrire. Les romans et les poèmes sont les ruisseaux et les rivières qui
sortent de mon cerveau. Je continue à écrire dans les moments noirs pour subvenir aux besoins de ma femme et de mes filles, de mes chiens et de mes chats, pour acheter du vin, du whisky et de quoi
manger. J'écris comme un acte de culte envers les créatures, les paysages, les idées que j'admire ; pour commémorer les morts, pour créer de nouvelles femmes à aimer. À l'instant, tout en écoutant la tempête de neige dehors, je me suis versé un grand verre de bordeaux. C'est ça qui me plaît ! Votre Rimbaud a dit : Tout ce qu'on nous enseigne est
faux. Je le croyais quand j'avais dix-huit ans et je le crois encore. Les écrivains ne sont que des imbéciles qui doivent voir le monde dans lequel nous vivons mais qui ne l'ont jamais
découvert. J'écris pour continuer à être un fleuve inexploré. Ça me va comme un gant.
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