Vendredi 26 février 2010
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19:56
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Publié dans : Humeurs

À louer
Cerveau jeune, non-fumeur,
très peu servi, bien entretenu.
Horaires à définir.
Faire offre au journal qui transmettra.
Référence 74896-AZ-36
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Dimanche 21 février 2010
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18:21
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Publié dans : Humeurs
Votre question m'a plongé dans un puits, dans un trou, dans un embarras dans lequel je n'étais pas tombé depuis de nombreuses années. Voici plusieurs réponses.
Mon amour pour la vie est hésitant ; j'écris donc pour assurer ma survie. J'essaie de bien écrire pour qu'on ne me surprenne pas à raconter des conneries comme un politicien. Au vieux proverbe :
Manger ou mourir, j'ajoute Manger et écrire ou mourir. Après avoir écrit, je lis souvent Brillat-Savarin, ou des livres de cuisine aux toilettes. Puis, j'essaie de cuisiner aussi
bien que j'espère écrire. Après un somme, j'écris à nouveau, à la façon d'un plongeur souterrain qui nage dans le sol pour comprendre les racines et les radicelles des arbres. Je m'enracine aux
processus cycliques de la vie afin de ne pas gaspiller ma vie à des bêtises. Je chasse et je pêche parce que ça m'aide à écrire. Les romans et les poèmes sont les ruisseaux et les rivières qui
sortent de mon cerveau. Je continue à écrire dans les moments noirs pour subvenir aux besoins de ma femme et de mes filles, de mes chiens et de mes chats, pour acheter du vin, du whisky et de quoi
manger. J'écris comme un acte de culte envers les créatures, les paysages, les idées que j'admire ; pour commémorer les morts, pour créer de nouvelles femmes à aimer. À l'instant, tout en écoutant la tempête de neige dehors, je me suis versé un grand verre de bordeaux. C'est ça qui me plaît ! Votre Rimbaud a dit : Tout ce qu'on nous enseigne est
faux. Je le croyais quand j'avais dix-huit ans et je le crois encore. Les écrivains ne sont que des imbéciles qui doivent voir le monde dans lequel nous vivons mais qui ne l'ont jamais
découvert. J'écris pour continuer à être un fleuve inexploré. Ça me va comme un gant.
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Mercredi 17 février 2010
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Publié dans : Humeurs

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un côté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zob
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
À voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
À chercher dans le noir
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...
Boris Vian
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Jeudi 4 décembre 2008
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Publié dans : Humeurs
J'ai passé la majeure partie de ma vie à me poser cette question.
Peut-être est-ce uniquement du texte que pourrait venir la réponse : réponse, hélas, qui ne saurait en être une mais qui, dans son insuffisance - dans son impuissance -, serait plutôt le cruel
aveu - la confirmation posthume - de sa faiblesse.
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Mercredi 3 décembre 2008
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Publié dans : Humeurs
Page
éclaboussée d'encre ?
Cerveau lentement envahi par les idées noires ?
Granit démesurément grossi à la loupe ?
Quoi qu'il en soit, le résultat me plaît !
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Vendredi 28 novembre 2008
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Publié dans : Humeurs
C'est mon
côté masochiste, je suppose.
Wole Soyinka
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Samedi 4 octobre 2008
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Publié dans : Humeurs
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Mardi 30 septembre 2008
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Publié dans : Humeurs
Je sais clairement que j'écris pour être heureuse, cependant je ne sais pas pourquoi j'écris. Parfois je pense que j'écris parce que l'existence me submerge,
d'autres fois parce que je pense que je suis une autre, ce qui revient au même.
Parce qu'il y a au moins deux types de raisons qui se croisent : celles qui sont explicables et celles qui ne le sont pas, comme celles qui ne relèvent que du pur hasard. Par exemple, j'avais
huit ans lorsque j'ai trouvé un stylo que le vent avait fait tomber parmi les caroubes, sur le chemin que j'avais l'habitude de prendre. Ce stylo a été le seul objet que, jusqu'à aujourd'hui,
j'ai trouvé sans avoir à le chercher, il était vert, et c'est avec lui que je recopiais les rédactions que je faisais pour distraire la solitude de mon enfance. C'est là une raison qui
n'a rien à voir avec le destin, mais que je considère comme un signe du hasard, poétique et innocent, et pour cela véritable.
Ensuite, il y a d'autres raisons, celles qui sont explicables, qu'on peut ordonner. Je dirais d'abord que j'écris depuis que j'ai appris à écrire par un désir furieux de créer des simulacres de
gens, se mouvant à l'intérieur de simulacres de vie. Une sorte de jouissance suprême. Une autre raison, plus sereine, moins proche de l'instinct et qui, d'une certaine façon, est capable
d'ordonner l'impulsion chaotique de la première, est liée à l'exigence consciente et déterminée d'un ordre, lorsque je pressens le désordre. Comme si à travers l'écriture je pouvais transformer
l'injuste en juste, le laid en beau, le nocif en bienfaisant. Même quand je n'écris que sur l'injuste, le laid et le nocif. Même là, ou surtout là, l'exigence existe. Une joie plus
douloureuse.
Une autre raison, encore plus diffuse car moins organique, vient de la simple perplexité d'exister et est particulièrement liée à l'ignorance de ce pour quoi j'écris. Cette raison aussi me fait
écrire. Au-delà des raisons narcissiques, celles qui s'attachent au désir de reconnaissance par les autres, au fond le premier principe générateur de toute communication. Pourquoi ne pas le dire
? J'écris pour exister tout entière, ressentir du bonheur et le faire savoir aux autres.
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Lundi 22 septembre 2008
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18:39
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Publié dans : Humeurs
Si je savais pourquoi j'écris, je n'en serais sûrement plus capable.
Charles Bukowski
C'est une habitude ancienne qui m'est sans doute venue à cause d'un manque. Ce qui manquait à la vie nous a contraint à écrire. Peut-être espérait-on, grâce à l'écriture, parvenir à une
existence où il ne serait plus utile d'écrire. Cette espérance ne s'est pas réalisée. C'est la raison pour laquelle on continue d'écrire.
Martin Walser
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Vendredi 19 septembre 2008
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Publié dans : Humeurs
"J'écris parce que je
veux parler aux autres - ou ne serait-ce qu'à une seule personne - d'événements, d'impressions, de pensées, qu'il me semble indispensable de conserver, de fixer ; parce
qu'à l'aide du verbe j'essaie de résister à la destruction, à la mort, au néant. Je veux suspendre l'instant."
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À bâtons rompus