Pourquoi écrivez-vous, Milan Kundera ?

Publié le par Quelles Nouvelles ?

« Ne serait-ce qu'une ridicule illusion, on est persuadé d'écrire parce qu'on a à dire ce que personne n'a dit. Dire ce que personne n'a dit signifie : contredire tout le monde. Écrire, c'est donc le plaisir de contredire, le bonheur d'être seul contre tous, la joie de provoquer ses ennemis et d'irriter ses amis. Hélas, une fois le livre fini, on veut aussi plaire. C'est inévitable, c'est humain. Mais comment peut-il plaire celui qui a la passion de défier tous ? Voilà, l'énorme contradiction sans issue sur laquelle repose notre métier. Sans issue ? Il y en a une : de temps en temps on a la chance d'être mal compris. »

Milan Kundera

Publié dans Humeurs

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Sabine 09/09/2008 12:28

@Pascal.
Me permettrais-tu de publier ton manifeste dans un prochain article de mon blog ?
Ce serait dommage qu'il reste dans l'ombre, en "simple" commentaire, et que les lecteurs passent à côté...

Pascal Blondiau 07/09/2008 23:30

Et je rajoute :

"écrire, ce n’est pas répondre à la demande, c’est répondre à une question. Et même quand il y a urgence, il est toujours plus poli d’attendre qu’elle ait été posée avant d’ouvrir la bouche pour y répondre."

Pascal Blondiau 07/09/2008 22:00

Puis-je y aller de mon petit manifeste ?

"Le scénario
Un mot que nous cherchons, une histoire dont nous ignorons la fin, nous donnent plus d’émotion que toutes les issues inéluctables de nos vies sans scénarios.

Nous n’écrivons pas pour vivre ; nous écrivons pour oublier que nous allons mourir.

Nous n’ecrivons pas pour donner ; nous écrivons pour prendre. Pour capter, dans les moindres replis de l’air, les bactéries dont nous ensemencerons nos cultures stériles, nos éprouvettes vides.

Nous écrivons pour crier, et éprouver par l’écho le vide qui nous entoure.

Que la voix porte, qu’elle ne porte pas, l’important est d’avoir parlé.
D’avoir un temps fait cohabiter l’agitation humaine et nos résignations intimes."


Et si j'étais éditeur, voici ce que je réclamerais comme textes :

"Manifeste
Nous voulons des textes simples,
spontanés à force de travail,
fluides comme des avalanches,
aussi graves que des aurores,
obscènes et tendres.

Nous voulons des fictions vécues,
d’improbables biographies,
des vies de fous,
des secrets hurlés
et des auteurs qui s’oublient.

Nous voulons de l’audace et du déjà-vécu;
des jungles urbaines et de mornes plaines.

Nous voulons des attentes avortées
et des sommeils haletants.

Nous voulons revenir de quelque part.
Nous voulons revenir de quelque part."


Je ne prétends pas avoir raison, bien sûr. Mais je revendique cette subjectivité.

Quelles Nouvelles ? 05/09/2008 10:23

Du même Kundera :

"Le romancier apprend à ses lecteurs à comprendre le monde comme une question."

Extrait d'un entretien avec Antoine de Gaudemar (février 1984)

laurent 04/09/2008 14:31

Qu'est ce qu'il y a chez un être humain, à part les idées, les sentiments et les sensations...On ne connaît pas grand chose...
Quand on écrit - Tout est ouvert - Si la réponse est dans l'écrit seulement dans l'écrit...Je dis peut être...Qu'importe...La beauté a mille facettes, une seule pureté.